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Marie-Galante est la première île de l'archipel Guadeloupéen que Christophe COLOMB a atteint lors de son second voyage aux Antilles. L'explorateur débarqua au lieu dit "Anse Ballet" à Grand-Bourg le 3 novembre 1493. Il donna à l'île, qui était dénommée Aïchi par les Caraïbes et Touloukaéra par les Arawaks, le nom de son vaisseau amiral "Maria-Galanda".

Ce n'est que deux siècles plus tard, le 8 novembre 1648, que les premiers colons, une cinquantaine d'hommes, furent envoyés de France par le Gouverneur HOUEL. Ces premiers colons furent décimés par les maladies et par les attaques répétées des Caraïbes qui craignaient de perdre avec la colonisation de Marie-Galante un point de ravitaillement important.

Le 4 septembre 1649, Jacques de BOISSERET rachète l'île à la Compagnie des Isles d'Amérique.

En 1653, le peu de colons qui n'avaient pas cédé au découragement face aux rudes conditions de vie furent massacrés par les Caraïbes en représailles de viols commis en Dominique par les marins d'une barge venue de la Martinique.

La canne à sucre, vraisemblablement originaire de l'Inde et importée par Christophe COLOMB aux Antilles, fut cultivée en Guadeloupe en vue de son industrialisation à partir de 1654, grâce à des colons expulsés du Brésil qui suscitent la création des premières habitations sucrières, équipées d'un petit moulin à bêtes (manège) pour broyer les cannes.

1660 voit la signature, au château de Basse-Terre, du traité de paix avec les Caraïbes que les Français et les Anglais autorisent à s'installer sur la Dominique et Saint-Vincent. L'île étant "pacifiée", les conditions technologiques et humaines sont réunies pour le développement de l'économie marchande fondée sur l'habitation comme unité de production et sur le travail des esclaves noirs importés d'Afrique.

En 1664, Mme de BOISSERET cède ses droits à la Compagnie des Indes Occidentales. L'île comptait alors ses 4 premiers moulins (moulins à bêtes). En 1665, son fils Monsieur de BOISSERET de TEMERICOURT devient gouverneur. La carte de l'île qu'il établit porte son blason.

L'île fut pillée par les Hollandais en juin 1676, puis par les Anglais en 1690 et 1691. Suite à ces différents pillages qui ont conduit à la destruction des moulins, des sucreries et au départ de la population, le repeuplement de l'île fut interdit par le gouverneur général de la Martinique jusqu'en 1696.

Les Anglais occupèrent de nouveau l'île de 1759 à 1763.

Les moulins à vent apparurent en 1780. En 1830 on comptait jusqu'à 105 moulins dont plus de la moitié étaient encore actionnés par des boeufs. Aujourd'hui 72 tours de moulins sont encore visibles.

De novembre 1792 jusqu'en 1794, Marie-Galante devient indépendante pour s'affranchir d'une Guadeloupe royaliste.

L'esclavage, qui fut une première fois aboli en 1794 et rétabli en 1802, fut définitivement aboli en 1848 grâce à l'action conjuguée des abolitionnistes, tel que Victor SCHOELCHER, et des révoltes incessantes des nègres esclaves.

La première participation des nouveaux affranchis aux élections législatives les 24 et 25 juin 1849 fut marquée par la répression sanglante des mouvements de protestation de la majorité de la population contre les tentatives de fraudes électorales orchestrées par les grands planteurs blancs. Des dizaines de nègres furent tués pendant ces événements qui conduisirent au déversement du rhum et du sucre de l'habitation Pirogue dans la mare à proximité, aujourd'hui appelée " la mare au punch " en mémoire de ces évènements tragiques.

Le XIXème siècle marque l'apogée de l'économie sucrière de l'île, qui se reconnaît aujourd'hui encore par le nombre de ses moulins à vent. Pas moins de 105 moulins en 1835 qui feront appeler Marie-Galante, " l'île aux 100 moulins ". Mais un tremblement de terre en 1843, la concurrence accrue du sucre de betterave et l'abolition définitive de l'esclavage en 1848 signifieront la fin de cette apogée sucrière. Après les deux conflits mondiaux, l'île se retrouve repliée sur elle-même, bien qu'elle ait connu une nouvelle phase de fort développement économique entre les deux guerres.

Aujourd'hui.

Devenue un département français rattaché administrativement à la Guadeloupe en 1946, Marie-Galante surnommée aussi "grande dépendance", compte aujourd'hui une population de 13500 habitants. La pêche, l'élevage et l'industrie cannière en particulier, qui occupe 72 % de la population de l'île, constitue l'essentiel de son économie. La canne est transformée en rhum dans les trois distilleries de l'île après avoir été coupée à la main et transportée sur les kabwet (charrettes à boeufs).

Surnommée le grenier de la Guadeloupe pour l'avoir alimentée en cultures vivrières pendant la deuxième guerre mondiale, cette île à l'histoire mouvementée, se tourne aujourd'hui vers le tourisme vert, qu'elle développe en offrant aux visiteurs le charme de son mode de vie traditionnel, la beauté de ses plages et un accueil sans égal dans toute la caraïbe.

Traversée en bateau de Pointe-à-Pitre ou de Saint-François ou par avion. C'est une île quasi-ronde aux reliefs peu spectaculaires, mais harmonieux et intéressants. Malgré un climat plutôt sec, la végétation y est abondante ce qui contribua à l'essor de la culture de la canne à sucre, notamment à partir du 18ème siècle, et de la distillerie qui produit un des meilleurs rhums, mais aussi un des plus alcoolisés ( 59° ! )